Résistance aux vermifuges

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Cet article est issu du JDG du samedi 3 décembre 2011, c’est un compte rendu de la réunion sanitaire du syndicat des éleveurs de Pur-Sang:

« Le docteur vétérinaire Claire Laugier (ANSES Dozulé) a présenté la situation en matière de résistances des parasites aux vermifuges. Cette situation est particulièrement préoccupante, car il n’y a pass de perspectives de développement de nouvelles molécules. Elle a rappelé que les parasites acquièrent leur résistance par des mutations de leur ADN. Ce caractère est donc « héritable » et, au fil des traitements, on constate une élimination progressive des parasites sensibles au profit des individus résistants.
Différents types de résistance existent : il peut s’agir d’une résistance simple (pour une seule molécule), d’une résistance à une famille chimique ou d’une résistance multiple,
c’est-à-dire à plusieurs familles chimiques.
Seuls les grands strongles sont sensibles aux différentes familles de vermifuges, dans toutes les régions mondiales. La situation est beaucoup plus compliquée pour les cyathostomes, qui ont développé des résistances à la fois contre les benzimidazoles, le pyrantel, l’ivermectine et la moxidectine. Les ascaris ont quant à eux développé des résistances sur les trois dernières familles de par le monde.
En France, les études ont montré une résistance des cyathostomes aux benzimidazoles, dès 1996, au pyrantel plus récemment, mais pas encore à l’ivermectine. 
En revanche,des résistances d’ascaris à l’ivermectine ont été constatées dans plusieurs haras bas-normands. Les individus les plus touchés sont les poulains entre six et douze mois, car ils n’ont pas développé une immunité suffisante pour lutter contre ces parasites. Pour lutter contre ce phénomène, le traitement de l’environnement est fondamental.
Il faut également éviter le sous-dosage de l’antiparasitaire,l’utilisation répétée de la même famille d’anthelminthiques, et les fréquences élevées de traitement. Il faut également préserver des « chevaux refuges », c’est-à-dire des adultes à forte immunité qui serviront de réservoir aux vers sensibles.
Enfin, le Dr Claire Laugier a souligné l’importance de l’examen coproscopique, au rythme de deux contrôles par an pour les poulains de moins d’un an, et un contrôle par an chez les adultes. »